Ch’est cheul’ caplute qui ardémarre

12 février 2010

Posez les deux pieds en canard, c’est la chenille qui redémarre ! Nous y avons tous eu droit au cours d’une noce, d’un banquet, d’une bardalée – repas de baptême en patois. Cette « chenille » dansant la farandole n’est rien d’autre que l’héritière directe de Jean Lariguette, chanson incroyable que nos pères entonnaient lors des mariages.

« Jean Lariguette i’a marié s’file, zim boum tralalala, aveuc un viux marchand d’aiguiles, zim boum tralalala, aveuc un viux marchand d’capiaux, Jean Lariguette Jean Larigo ». Dans l’un des quatre-vingt-dix-neuf couplets de cette chanson vieille comme le monde, le mariage a tourné au vinaigre et « ches poux, ches puches courètent su l’tape ». On pourrait ajouter à la délirante scène quelques caplutes. La caplute, c’est la chenille dans le patois du Ternois ; carplute dans le Montreuillois ou l’Audomarois ; carpleuse dans le Boulonnais. Difficile de prononcer le mot sans une petite moue de dégoût, on le crache presque. Si l’animal donne la piau d’glène (chair de poule) à quelques phobiques, il garantit des frissons délicieux aux linguistes et étymologistes. Caplute possède en effet les mêmes racines que caterpillar, chenille en anglais. Minmes rachènes ! Et si ches caplutes i’s’mètent à les minjer ? Caplute et caterpillar sont les arrière-petites-filles de chatepelose (chat poilu ?), vieux nom commun « françois » du XVe siècle. Chatepelose a traversé la Manche et s’est phonétiquement modifié, comme la chenille devenant papillon. Les « Caterpillar » sont aussi les gigantesques engins de chantier qui épautrent (écrasent) sans doute des milliers de caplutes.

Poilue ou annelée ?
Le patois a des ressources insoupçonnées. Dans le Bas-pays de la Lys, chenille se dit anène. Mot cité dans le Lexique du patois d’Erquinghem-Lys de Paul Barbier et dans le recueil de Georges Gombert, de Calonne-sur-la-Lys. Dans le pays du Rouchi (Valenciennes et environs), le remarquable dictionnaire de Gabriel Hécart avance onène, oléne, ouléne, ounéne, selon les lieux. Alors là, pour trouver ches rachènes, il faut un bon louchet (bêche). Anène pourrait venir de l’adjectif annelé : disposé en anneaux. Caplute ou anène ? La chenille part toujours à l’heure.

Le picard est-il un patois, un dialecte ou une langue ?

13 janvier 2010

Une question se pose : « Le picard est-il un patois, un dialecte ou une langue ? » Mariel Demaye, de Guise, s’est penché sur l’affaire. Mariel est écrivain, président de l’association « Dgise dins zz’Abes » et directeur du journal « L’Gazette éd chés Dgiseus ». Nombre de personnes disent « patois ». Les purs et durs disent « langue », d’où la bataille engagée avec les autorités ministérielles pour sa reconnaissance.

Quelques définitions d’abord. Patois : c’est un parler local employé par une minorité souvent rurale, d’évolution moins brillante que le milieu environnant. Le « chtimi » est un patois.

Dialecte : c’est une variété régionale d’une langue. C’est un ensemble de parlers possédant en commun un certain nombre de traits distinctifs. Le « picard » est plutôt retenu en tant que dialecte.
Langue : c’est un langage officiel avec des règles, des normes, au bon usage enseigné dans les écoles, avec une codification et une normalisation. Elle regroupe généralement plusieurs dialectes possédant des traits fondamentaux. La « langue d’oïl » d’abord, le « français » ensuite sont considérés comme des langues. L’émergence d’une langue confère généralement au dialecte un statut marginal. Ce que n’acceptent pas de nombreux intellectuels et écrivains picards. Une académie a vu le jour (l’Académie d’chés Lafleurs) qui récompense les personnes qui font du bien à la Picardie avec chés Lafleurs éd chuque et chés Lafleurs éd brin. Le Festival de la Nouvelle d’abord à Saint-Quentin puis à Péronne récompense les auteurs de langue picarde.

Un peu d’histoire
20100113Chr3Les Gaulois parlent le gaulois qui est lui-même un dialecte de la langue celtique. Les Romains imposent ensuite le latin, langue officielle issue du dialecte du Latium qui faisait partie de la langue italique. Le latin importé par les légions romaines est un latin oral et vulgaire. Il faut lire ici populaire. En fait on disait du bas latin. On constate rapidement de nombreux rapports entre le latin et le gaulois. L’étude montre que c’est tout à fait normal : le celtique et le latin faisant partie elle-même du grand ensemble des langues indo-européennes. Le latin prend le dessus sur le gaulois qui ne va laisser que des substrats… cela aura pris cinq siècles. À partir du ve siècle, des tribus barbares déferlent sur notre sol, apportant leurs dialectes issus de la langue germanique qui appartient elle-même aux langues indo-européennes. Pour notre région, l’invasion est franque. Elle s’arrête à la Loire et, peu à peu, le latin est infiltré et influencé par le parler germanique (un peu comme l’infiltration de notre langue, aujourd’hui, par l’américain). C’est ainsi que naît la langue d’oïl opposée à la langue d’oc, au sud de la Loire, région conquise par les Wisigoths. Pendant ce temps, au nord, la Bretagne se « receltise ». Le Pays d’Oïl correspond donc au nord de la France actuelle. La Picardie est le cœur même du Pays Franc. L’invasion de Clovis commence à Tournai et se termine à Soissons. Tous les écrits de l’époque sont en latin, mais on peut penser que, sous les Capétiens, on ressent l’émergence des caractéristiques de la zone picarde.

Des évolutions
Les sons ‘’g’’ sont maintenus : « gambus » en latin devient « jambe » en français mais reste « gambe » en picard. Les sons ‘’k’’ en latin sont maintenus : « campus » en latin devient « champ » en français mais reste « camp » en picard. Les sons ‘’ki’’ – ‘’ke’’ – ‘’ti’’ évoluent et glissent ver ‘’ch’’ : « cantione » en latin devient « chanson » en français et évolue vers « canchon » en picard.

Le domaine picard
Le domaine picard s’est toujours maintenu dans sa zone actuelle (voir la carte) mais on note une petite incursion dans la région de Francfort où, en 1900 encore, il était courant d’entendre les ruraux parler le picard : en 1598, à la signature de l’Édit de Nantes, les Huguenots picards s’exilent dans la région de Francfort (le “hameau picard” de Friedrichsdorf-am-Taunus”).

Le terme « picard »
1099 : « Picard » commence à paraître dans les textes au ixe siècle. On parle d’un certain Picardus Wilhelmus qui participe à la Première Croisade.

Vers 1200 : Le picard était une langue orale mais peu à peu, des écrivains vont le noter sur le parchemin, comme le trouvère artésien Conon de Béthune (vers 1150- vers 1220) qui proteste contre la suprématie de la langue des seigneurs d’Ile de France dans un poème d’amour (moult me semont amors).
1232 : l’Université de Paris se regroupe en quatre nations : française, normande, anglaise et picarde.

1259 : Saint Thomas d’Aquin note : « À l’intérieur d’une langue, il existe souvent des variantes. C’est évidemment le cas en France, en Picardie, en Bourgogne, et pourtant, il s’agit de la même langue. »

Au Moyen Âge : les actes juridiques regorgent de formes picardes. Une littérature se développe. À la fin du Moyen Âge : le picard a le statut de langue officielle des États de Bourgogne. Sous Louis XI : le gouvernement de Picardie favorise l’emploi du « bon français » proche du Francien qui est un dialecte.

1529 : le latin et les dialectes sont proscrits. Le français devient la langue officielle. Le picard n’est plus considéré que comme le langage populaire des gens n’ayant pas l’éducation du français. Dans les siècles qui suivent, le paysan picard fait rire dans les pièces de Molière, Racine et les fables de La Fontaine.

Le picard moderne
Au XIXe siècle, bien que n’ayant pas le statut de langue, le picard continue d’évoluer. Les ruraux entrent dans les villes grâce à l’industrialisation. Dans les quartiers ouvriers, le picard devient le ciment d’une culture populaire. Dés 1850, c’est l’âge d’or de la Culture picarde avec une littérature riche. Dans les années qui suivent, des études sont lancées. De nombreux lexiques, des glossaires sont édités. Les études montrent qu’il existe un picard pour chaque village. L’année 1914 représente un coup d’arrêt à l’essor du picard. De nombreux hommes sont morts à la guerre, une main d’œuvre étrangère afflue. Le vocabulaire s’appauvrit. L’Éducation rejette la langue, la considérant comme incorrecte. Avec l’évolution technique et les moyens de communication, le picard apparaît comme désuet.

De nos jours
Il existe une mémoire du picard (qui n’a pas dans sa famille une personne qui parle picard ? Qui n’a jamais été en contact avec le picard ?). La langue connaît actuellement un renouveau avec un public curieux qui désire retrouver ses racines. Le picard est devenu un matériau d’expression artistique. De nombreuses associations voient le jour, défendant la Culture régionale. Le picard est présent au théâtre, dans les écoles, dans les journaux, les gazettes, la radio, à l’université. Un enseignement de la langue et de la culture picarde est prodigué aux étudiants de premier cycle. Des ateliers linguistiques « picardisants » sont créés. Certes, le picard n’est pas vraiment parlé mais il suscite un grand intérêt.

Eum’ mère alle dit toudis…

12 janvier 2010

Combien de fois avons-nous regretté de ne pas avoir suffisamment écouté nos parents. De ne pas leur avoir parlé. Leurs « histoires » nous lassaient ; nous étions des enfants attirés par d’autres jeux, nous fûmes ensuite des ados… pas toujours sur la longueur d’ondes parentale. Aujourd’hui à quarante ans, nous avons l’impression d’être passé à côté de confessions, de récits essentiels. Alors la mémoire passe à l’action. Les tiroirs s’ouvrent. Et nous confions à la Toile la langue de nos parents. Leur patois. Des mots, des expressions gravés dans les mémoires !

N’y a rien d’pus dur au monte qu’ein’ queue d’rachène à saquer.

Dru conme des porios qu’in a pont arpiqués.

Chti qui fait un sot marché, i n’a pont l’drot de s’plainte dé l’mécante marchandisse.

I sème aussi drot qu’min bras quand euj’ mouque min nez. Mon père jardinier émérite traçait des lignes bien droites avant de semer… Il ne supportait pas les écarts dins sin gardin !

À t’n’âche jé m’séros jechté dins ch’flo et chinq minutes après i érot bouillu. Le flo c’est l’abreuvoir. Un dicton lancé aux jeunes qui n’avaient pas trop de courage.

Vaut miux user ses souïers qu’ses lincheux. Travailler, marcher plutôt que dormir.

Si alle a rien d’pus caud, alle s’brûlera pont avec chu qu’éj vas li donner.

À l’acouter, i nous férot croire qu’i a connu sin grand-père jonne homme ! À l’adresse des prétentieux qui ont tout fait, tout vu.

Faire d’z’éfants sans cul pour les invoïer à l’école sans maronne…

Té n’marcheras pus dins ches brins. C’est ce que disait ma mère quand je me levais tard : il faisait assez clair pour éviter les bouses, les étrons !

Si alle érot dé l’palle, alle in férot du feumier.

I vit les deux bouts et pis l’mitan avec.

Le dictionnaire des patois usités dans le Pas-de-Calais

11 janvier 2010

Un dictionnaire des patois du Pas-de-Calais ? « Quelle prétention ! » diront certains, convaincus que la langue picarde ne s’appréhende qu’à l’échelle du domaine linguistique picard : Somme, Aisne, une partie de l’Oise, Nord, Pas-de-Calais, région de Tournai… « Enfin ! » s’exclameront beaucoup d’autres, ravis de découvrir sur Internet tous ces mots, toutes ces expressions éparpillés dans les lexiques et les glossaires publiés depuis des décennies et des décennies. Publiés et très vite oubliés.

Je parle le patois de Norrent-Fontes depuis ma plus tendre enfance, presque naturellement. Arrivé sur les bancs de l’université, j’ai découvert l’histoire et la richesse de la langue picarde ; je me suis mis à « enregistrer » le parler de mes parents. Puis à le comparer aux parlers des villes, villages voisins ou plus lointains. Les fameux glossaires et lexiques ont grossi régulièrement mes armoires. Je me suis décidé tout récemment à « coucher sur le web » l’incroyable vocabulaire glané dans ces ouvrages. Une décision confortée par une visite rendue à Françoise Accart, l’épouse d’André Accart, décédé en mars 2008. Originaire de Wailly-lès-Arras, Thérouannais d’adoption, « ethnoloque eud’ ches villaches », chercheur en traditions et coutumes, « dictonnaire ambulant » – il connaissait tous les proverbes et dictons en patois – André nous manque ! Françoise et ses trois fils veillent sur son patrimoine : tous les écrits qu’il a laissés, toutes les coupures de presse, livres, revues qu’il a amassés (lui aussi). En 1995, André Accart avait publié à compte d’auteur un lexique de 3 600 mots ou autant de « nouvielles briques éd dréchées à nou monumint d’ech Patois ». Patois avec une lettre capitale. 3 600 mots à ajouter à ceux cueillis par Paul Coutigny (Norrent-Fontes), François Denœu (patois d’Estrée-Blanche), Georges Gombert (Calonne-sur-la-Lys et Mont-Bernanchon), Edmond Edmont (Saint-Pol-sur-Ternoise et le Ternois, le « Lexique saint-polois » restant la Bible des linguistes), Daniel Haigneré et Jean-Pierre Dickès (Boulonnais), Oscar Queste (Guarbecque), Jean-Marc Dissaux (Isbergues), Denise Poulet (Calaisis et Audomarois), Roger Berger (Aire-sur-la-Lys et Éperlecques),  L. Brebion (Créquy, Fressin, Planques, Torcy), Gérard Demagny et Alfred Lefebvre (canton de Lumbres), Paul Louvet (Wailly-Beaucamp), Gisèle Ledoux (Boiry-Notre-Dame), Lucien Tétu (Berck), Francis Wallon (Hucqueliers), Edmond Lecesne (Artois), Marius Lateur (d’Auchel à Avion), Gérard Leducq (Oisy-le-Verger, Écourt-Saint-Quentin), Pierre Dufétel (Auxi-le-Château), Jules Joly (Coyecques), Georges Dupas (Oye-Plage), Roland Dussaussoy (Laires), H. Mayeur (Bouvigny-Boyeffles), Léon Caruyer (Acquin), Désiré Flour (Serny et Ablain-Saint-Nazaire)… Sans oublier René Defrance (Norrent-Fontes) min père et Isabelle Filbien (Linghem) eum’mère !

Nous vous proposerons tout duchemint ces milliers de mots, en espérant que vous apporterez vos propres briques, du ciment, du sable ou du torchis !

Pour commencer, voici « en vrac », un tombereau de noms, verbes, adjectifs commençant par la lettre A. Les traductions manquantes arriveront progressivement. Les noms propres figurant entre parenthèses permettent de situer « géographiquement » les mots ; quand il n’y aucune indication, il s’agit du vocabulaire recueilli au sein de la famille Defrance (Norrent-Fontes et Linghem).

Àà m’mote, à mon idée ; à l’ploute, en abondance

Abacher – s’abacher : abaisser, s’abaisser

Abanier – s’abanier : s’amuser, se divertir (A. Accart)

Abanjé – mal abanjé, mal habillé (A. Accart)

Abatte – abattre : « abatte bos, abatte du traval, abatte eul’ brouillard »

Abatteu – ches abatteus bos : les bûcherons

Aba.yer - aboyer

Abil – vite

Ablouquer – boucler

Aboli – à bout de forces

Abonjer – i’l’abonjot – donner excessivement à boire

Abouler – donner son argent

Aboutonner – boutonner

Abrandoul – empoté

Abruvoir – abreuvoir. À Norrent-Fontes, un médecin généraliste appelait « abruvoir » les vins d’honneur donnés lors des manifestations organisées par la municipalité.

Abumer – abîmer

Acater – d’acatiche : acheter – acheté tout fait

Ach’ – au

Acher – agacer, irriter (en parlant des dents)

Achelle – planche suspendue à la voûte d’une cave

Achinde – saisir, prendre, assaillir

Achu – essieu (F. Denœu)

Achuchonné - consoler, vivre en concubinage

Acliqu’ter

Aco – à l’aco (au même moment)

Acojer – s’acojer : se calmer (en parlant d’une douleur)

Acorion – lacet en cuir

Acouf’ter – recouvrir, étouffer

Acouter – écouter : « Si j’m'acoutos jé n’féros pu rien qu’i dijot ch’sourd ! »

Acrinqui.yache – attirail

Acroire – faire acroire : raconter des histoires

Adé – au revoir

Ado – partie la plus haute d’un champ (G. Gombert)

Adobé – sali (canton de Lumbres) ; démoli, blessé (G. Gombert)

Adon – autrefois (adon, in parlot patois) ; alors (ch’t'adon qu’i'est arrivé)

Adosser – sommet du champ où l’on commence le labour (G. Gombert)

Adouchir – adoucir, calmer

Adové – niché, blotti (A. Accart)

Aféribus – « Ch’est pont là l’aféribus ! » : ce n’est pas là une affaire, c’est une besogne facile (O. Queste)

Affaire - « i’est à s’n'affaire » : il est dans son élément

Affronté - éffronté

Aflaqui – aflaqué : couché par terre (blé, plantes… O. Queste et G. Gombert)

Aflater – flatter

Afligé – infirme

Afouré – aller à l’afouré : aller ramasser de l’herbe pour les lapins.

Afutiaux – ornements de vêtements, parures

Agache – pie (nid d’agache : cor au pied)

Agate : grosse bille

Aglaver – aglaver d’souo : crever de soif

Agonir - injurier, insulter

Agosil – polisson

Agrape – agrafe (F. Denœu)

Agripin – crochet d’une agrafe

Agu - aigu, pointu (F. Denœu)

Agule – aiguille (F. Denœu)

Agvaler – enjamber

Ag’vin.ne – ag’vin.ne un peu

Aheuré – régulier, à l’heure

Ahouper – s’ahouper

A.ich – insupportable

Aille – haie – « ch’ter l’habit d’zeur l’aille » (prêtre défroqué)

Air – un air ed’fu : une flambée

Aire – eune aire ed’chindron : sol en terre battue (et cendres ajoutées) d’une grange

Ajés – l’environnement d’une maison : « connaite ches ajés »

Ajodré

Ajouquer – s’ajouquer : s’accroupir

Ajutés - avoir ses aises

Al‘ –ail

Alambic - cafetière

Alarguir - élargir

Albran – personnage peu recommandable

Alite – petite galette ronde

Aleumelle – alumelle : lame du couteau (A. Accart)

Alleumer - allumer

Alo – buisson, bouquet d’arbres ou d’arbustes

Alon.ne – haleine

Alotiaux – chez Oscar Queste

Aloter - secouer

Amaniéré – qui a dit des manières

Amar – amarette : armoire

Amarjoler : séduire

Amatir s’amatir – amati : fatiguer, se fatiguer, usé

Âme – avoir l’âme basse

Amer – fiel des animaux

Amicloter - amadouer

Aminder – mettre du fumier

Amiteu – amiteusse – aimable

Amagir

Amon - chez

Amonchler – empiler

Amon.ne - aumône

À monter à dos

Amouiller – se dit de la vache prête à vêler

Amoureux – chardons dans un champ de blé (Isabelle Filbien)

Amoutrer – montrer

Amusette – personne qui aime s’amuser

Anchouat’ – maladroit

And’ler – mettre bas (brebis)

And’lière – alonière

Andouiller

Andoulle – andouille

Anelle – aulne

Anette – femelle du canard

Angouche – douleur vive

Anicher – s’anicher - se nicher

Anjé – porte à claire-voie

Anj’lé – frigorifié

Ansar – manche de faux

A.oquer – accrocher, suspendre

A.ou - la moisson, « faire l’a.ou »

A.ouper, s’aouper – en venir aux mains

Ape – arbre

Aparier – s’aparier - accoupler

Apat’ler – donner la becquée, nourrir

Apat’nal – épouvantail

Aperchuvoir - apercevoir

Apiaux – ches apiaux : coups de cloche lors des décès (trois pour les hommes, deux pour les femmes, A. Accart)

Apointiure – délivrance des vaches

Apote – un énergumène

Apouchiner – flatter, caresser

Apouo – appui, étai (de meule, F. Denœu)

Apo.yer - appuyer

Apo.yet’ – appui, contrefort

Appelle – « K’mint qu’té t’appelles ? J’m'apelle par min nom, par min cul ch’est un canon ! »

Aprézou – l’automne (après la moisson)

Aprinte - apprendre

Aragé – fervent, mordu : « aragé des quate pattes »

Arager – faire arager – faire enrager

Arballe – « i va ker’ ed’z’arballes » : il va tomber des hallebardes…

Arbéquer – répondre éffrontément (F. Denœu)

Arbiner – rebrousser chemin (F. Denœu)

Arbite – un petit diable

Arbliquer – se redresser

Arbond – reprise d’une fête

Arbou – défi (Paul Coutigny)

Arbraqué

Arbraquer – arbraquette

Arbrucher – arbrucher s’route

Archelle – osier pour faire des liens ; personne fluette

Archiner – goûter : « à quatre heures ch’est l’archinoir ! »

Archoner – bouger sans arrêt

Arcran – très fatigué

Arcrinquer – redresser (F. Denœu)

Arder – brûler (A. Accart)

Ardillon – aiguillon, dard de la guêpe

Ardinter – renverser

Ardit‘ – femme ardit’

Ardrécher – s’ardrécher : redresser

Arée – averse courte et drue

Arfindrèche – scie

Arfreumer – refermer

Argrigner – arguigner : se moquer ; un arguignar (G. Gombert)

Arien – rien

Aringuer - planter en rangs (F. Denœu)

Arjel – léger

Arjétin – rejet de souche

Arjim’ler – repousser autour du pied mère

Arkère – el’i’arkère (avoir de la chance)

Arla – ennui, problème, misère (A. Accart)

Arlander – traîner dans son travail

Arlaver – s’arlaver – arlav’rie – dé l’iau d’arlav’rie

Arlicotiaux

Arlicotier – arlicotieu – aricotier - personnage rusé

Arliuder – éprouver des difficultés dans un travail

Arloqueu

Arlo.yer : relier

Arme – ête in arme

Armette – reconnaître

Armonte – frais d’une vente de bois, meubles, terres

Armontée – à l’armontée : l’après-midi

Armontoir

Armuché – recouvert

Arnaler – s’arnaler : repartir

Arné : éreinté

Arnéké – mal habillé, ivre

Arnécure – harnais du cheval

Arnitoile – toile d’araignée

Arnouv’ler – s’arnouv’ler – changer ; changer de vêtements

Arnu - orage

Arnu.ate - orageux

Aro.yer – tracer le premier sillon d’un champ

Arparer – restaurer, rejointoyer

Arpassaj’ – arpassur’ (café léger)

Arpiquer – repiquer, replanter

Arpoursuire – chasser au loin

Arouser - arroser

Arouter -

Arsaquer – retirer

Arsarcir - repriser

Arsintir – sé n’arsintir – ressentir

Arson.ner – ressembler

Arsort – ressort ; « d’eul’soupe à z’arsorts » : soupe avec mélange de légumes (I. Filbien)

Arsoul’ – ivrogne

Art’ – œuf sans coquille

Artar – en retard

Artik – ête à s’n’artik : être passionné

Artri.yé – rempaillé

Arvato – repars d’où tu viens

Arvénures - grain perdu au cours de la moisson et qui pousse après le déchaumage (A. Accart)

Arvétier – regarder

Arvinger – s’arvinger : se défendre

Arv’leu – vif

Arvo.yure – à l’arvo.yure : au plaisir de se revoir

Arvue – ête d’arvue – à se revoir

Asniquer – frapper

Assa.yer – goûter (un plat, un mets…). Un assaille : échantillon de beurre que l’on goûtait avant d’acheter (G. Gombert)

Asseuré – assurément ; utilisé aussi pour émettre un doute

Assin – ainsi

Assir’ –
asseoir

Assister – aider

Assoter – s’assoter : s’amouracher (A. Accart)

Asteu - impertinent

A’s’teur – maintenant

Atarjer - retarder

Atarjé – arriver après l’heure (Georges Gombert)

Atarjette

Ate – cimetière

Atijer – réanimer un feu

Atinte – attaque

Atiénir – s’atiénir

Atillon – éclat de bois (Paul Coutigny)

Atombé – bien atombé : cela tombe mal

Atou – coup, malheur

Atuire – s’faire atuire : se faire rappeler à l’ordre (A. Accart)

Avalon – gorgée

Avée – poignée d’avoine (F. Denœu)

Avétis – récoltes sur pied (avétures chez G. Gombert), semis de trèfle

Aveuc – avec

Avinche – i’a pos d’avinche

Avoimin – succession d’une exploitation par héritage (G. Gombert)

Avoir ker – aimer ; avoir pu ker : préférer

Avongne – avoine

Avouri – étonné, ébahi

Avri .yé – bien portant (avri.yo chez G. Gombert) ; ête in avri.yé : manches de chemise retroussées

Avron – ivraie, folle avoine

Av’tière – crochet d’attelage de la herse

Avul’ - aveugle

A.yo – jonquille (André Accart)

A.yonner – agiter, secouer

A.yu - personne qui suit le faucheur (A. Accart)

A.yure, a.yette – haie

Azar – d’azar : sans doute pas

Azir – roussir, brûler

Azor – le soleil : « Azor i va luire aujourd’hui ! » (I. Filbien)

Babache – grosse joue

Babin.ne – lèvre , avoir eune bonne babin.ne : la langue bien pendue

Bablut’ – bagatelle

Bac – à carbon, à chin.nes : charbonnière, cendrier

Bacher – s’bacher : se baisser, « ches vieux i”n’peuté pu sbacher ! »

Bachiné – bouton d’or (A. Accart)

Badré – bouillie, boue ; « ches Badrés d’Lares » : surnom des habitants de Laires

Bafi.yer – baver

Baflan – séparation des chevaux dans  l’écurie

Baill’rie – avoir eul’ baill’rie : bâiller sans cesse (I. Filbien)

Bajer – baiser, embrasser. « Ben queu nouvelle ? Pour bajer min cul, i faut pont d’équelle ! »

Bajur’ - baisure, endroit où deux pains se sont touchés dans le four

Baklé – joug

Bakté - grande quantité. « Eune bakté d’neiche. »

Baler – verser, vider

Baleu – « un grand baleu. »

Baloncher – vaciller

Balouf’ - joue

Balusse – banc de communion

Banièr’ – pan de chemise

Banse - grand panier

Baraquin – bohémien, nomade

Barbarins – nom jeté des habitants de Linghem

Bardal’ – gros ventre

Bardalée – repas de baptême

Barguinier – marchanger, baragouiner : « quo qu’té barguin.nes ? »

Barloquer – balancer

Barlou – personne qui louche

Barluer – s’barluer : se tromper

Bartek’ - cadre d’affichage à la mairie ; « un nom d’bartek’ » : un sobriquet

Bartel’ – bretelle

Barzinguer – bredouiller

Barzil’ - soupe maigre ; « l’école barzil’ » : l’école libre

Barzi.yer (ébarzi.yer) – briser en mille morceaux

Bassur’ - terre flottante ou marécageuse

Bat’ – partie d’un fléau (bat’rel’ chez A. Accart)

Batal’ - « faire du fu à batal’ »

Baté – eune baté d’beurre, eune baté d’linge

Bateu – « minger con.me un bateu » : manger avec beaucoup d’appétit

Bat’fu -

Batijer – baptiser

Batinse – grosse pièce de bois ; poutre de charpente

Bati.yar - bagarreur, « un coq bati.yar »

Bat’min – petite enclume pour rebattre les faux

Ba.u -

Ba.yar – orge

Ba.yer – donner

Ba.yette – robe d’enfant, veste

Béguer - bégayer

Béite – tempête

Béker - becqueter

Bek’bo (biecbo) – bouche bée

Bel – avoir bel : avoir une bonne occasion

Bénach’ – content

Bénichur’ (bandichur’) - bord du toit

Bénio – tombereau

Bénite – dé l’iau bénite

Berbi – brebis

Berché – ridelle de charrette ; bercher : bercer

Berch‘ – berceau

Berdin-berdio – pêle-mêle

Bergon.ne – pressentiment : « avoir eune mécante bergon.ne. »

Berk’ – hangar pour le bétail

Bernatier (bréneu) – vidangeur

Bers’ – ête à l’bers’ : être anxieux

Besse – baiser, eune besse à bouquette : baiser sur la bouche ; « eul’ vaque al’ besse ! » : se dit de la vache énervée qui court dans tous les sens, la queue en l’air.

Bertonner - grommeler

Béto – bientôt

Bet’rap’ - betterave

Beubeu – naïf

Beuloir – braillard

Beuner – bouder

Beutor (butor) – vache qu’on ne réussit pas à avoir pleine

Be.yer – regarder de manière indiscrète

Bézo – baiser

Bi – hâlé

Bibach’ – moustique (A. Accart)

Bibé – « invo.yer à l’bibé » : faire une farce le 1er avril.

Bibeu – carotte sauvage

Bibusse - chose de peu de valeur

Bidé d’caroche – sauterelle (A. Accart)

Bidoul’ - boue plus ou moins liquide

Bief - argile à silex

Bino – sorte de charrue sans coutre ni versoir

Bio – beau

Bisker - pester, éprouver du dépit

Bister – partir au loin ; « invo.yer bister » : envoyer promener

Bistièr’ (bra.yette) – braguette

Bistincoin – éd’ bistincoin : de travers

Bistoul’ – café additionné de rhum

Bitaklé – tacheté

Biture - cuite

Bizal’ - pois gris

Bizbis’ – ête in bizbis’ (in bizbroul’) : en querelle

Bizir – bronzer

Blaker – flamboyer ; briller « l’solel i blak’ »

Blanbo – peuplier

Blanke – femme

Blanku – bigot ; personne de droite (politique, I. Filbien).

Blanmuzi - personne très pâle

Blèk‘ – contusion

Bleuzir – devenir bleu

Bleuz’vue - illusion

Blimot’ (glimot’) – blette

Blit’ - individu mou

Bo – bois

Bo.ette (beu.ette) -

Boguer – battre les épis des gerbes sans les délier

Bolibif – bœuf bouilli, « boiled beef »

Bornifler – bornif’ - gifler, gifle

Bornion – coup de poing

Bouch’ter – ramasser des brindilles de bois mort

Boudinée – plat de boudin

Bouk’ ed’ caf’ – soupirail (A. Accart)

Bouler court – être à court de

Boulette – bonbon

Bouque – bouquie – bouche, bouchée

Bourbote – lotte, poisson de rivière

Boursette – porte-monnaie

Bourur’ – s’faire eune bourur’ : trop manger

Bourvue – à bourvue : à peu près

Boustifal’ – nourriture

Boutinet’ (boudin.ne) – nombril

Bout’lo - gourde

Bouton d’soldat – capitule de la bardane

Bou.yé – bouleau, « un ramon d’bou.yé »

Bou.yo – chaudière : bou.yo à pétotes ; « i pleut à bou.yo »

Bouza – bouse

Braban – charrue

Brachion (bréchie) – brassée

Brader – gâter

Breille – vase

Brel’ – cresson monté ; cheveux en désordre

Brère – pleurer

Bré.you – personne qui se plaint tout le temps

Bricaillons – morceaux de brique

Bricoleu – mauvais ouvrier

Brij’fer – enfant qui casse tout

Briké – repas du mineur

Bril’ – bon à rien

Brind’zink’ – ivre

Brink’ - eune grande brink’

Brissoder - gaspiller

Broker – piquer

Brokeu – bâton de chaise

Bron.ne – drôle de figure

Broniu – personne qui fait la tête

Broul’ – cri (« pousser des broul’ ») ; brouille (« i sont d’broul’ »)

Brout’ – mauvais pain

Brouter – transporter dans une brouette…

Bro.yeu d’lis’ton – personne peu habile de ses dix doigts (R. Defrance)

Bruch’ – brucher – bruchi.yette : brosse, brosser

Bruin.ne – i bruin.ne : il tombe une petite bruine

Bruk’ - cadenas

Brutor -

Bubut’ – alcoolique (I. Filbien)

Buch’ (buisse) - tuyau de poêle

Buée – lessive – « faire buée guéguet’ »

Buk’ – petite quantité ; poussière. « Avoir eune buk’ dins s’n'eul ! Et prier l’Bon Diu qu’alle arpasse par sin tro d’cul ! » (I. Filbien)

Buker – frapper ; « cha buk’ » : ça coûte cher !

Buket’ – tirer à l’buket’ : à la courte paille

Bukoir’ -

Bu.o - partie du conduit de la cheminée qui dépasse le toit

Buvatier – alcoolique

Buzer – buzier : penser, réfléchir

Ca – cat’let’ – caou - chat, chatte, boudeur

Cabaret – cabar’tier – café, bistrot, patron de bistrot

Cabarlo – partie d’étable réservée aux veaux (Isbergues)

Caboche – tête

Cabon.n’ – cabane : “in.n’ cabon.n’ à lapins”

Cabo – poisson d’eau douce : “chés Cabos” (surnom des habitants de Quernes”)

Cabouri – faire des cabouris – pirouette

Cach’ - cacheu – chasse, chasseur

Cachaloques – chiffonnier

Cach’mané – dans les fermes, homme chargé de récolter le grain à moudre

Cach’ à frouet’ – tâtillon

Cachénercachiner -  pleuviner, bruiner

Cachoir’ – fouet

Cacoul’ – blagues ou mensonges : “Tout cha ché des cacoul’”

Cado – chaise haute de bébé, fauteuil

Cadol’ – vieille femme (canton de Lumbres)

Cadoreu - chardonneret (A. Accart)

Cafarin – à Isbergues, tiges de pois ou de haricots battus ; débris de céréales ; s’applique aussi à quelqu’un de grand et maigre

Cafignon – trognon de fruit

Cafotin – mauvais café ; étui à aiguilles ; s’cafoter : se nicher (canton de Lumbres)

Caho – petit tas de foin ou de gerbes

Calab’ – en mauvaise santé (A. Accart)

Calée – portée (chat, chien, lapin…)

Caler – mettre bas

Caleur – chaleur

Calimuchon – escargot

Calinat’ – temps à la pluie (canton de Lumbres) : “eul’ temps yé calinat’”

Calipet’ – coiffure de femmes ; galipette

Camanet’ – commère

Camarate – ami, copain, camarade

Cam.me : chambre

Camomil’ – camomille

Camp – champ

Camuche – camucher – planque, abri ; se cacher

Canada – peuplier du canada

Canardine – cane

Canchoncanteucanter – chanson, chanteur, chanter

Candelle – bougie, chandelle

Candi.yet’ – aiguilles de glace : “quand ya gélé, ya des candi.yet’ ach’ toit”

Canger – changer

Cania – taudis

Caniche – niche à chien

Canipel’ – femme légère

Cantio – gros morceau de pain

Canulant – ennuyeux, embêtant

Cape – tuile faîtière : “avec eul’ vint qu’i fait, ché capes i sont involées”

Capape – capable : “yé fort capape ch’ti là”

Caplet – chapelet

Capelle – chapelle

Capigner (s’) – se quereller

Capignure – défaite pendant une bagarre

Capio – chapeau

Caplute – chenille

Caqueu – mauvaise herbe

Caqueué – “raclaquer sin caqueué” – ridiculiser

Car – chariot

Cardon – chardon

Carette – charette, par extension une voiture

Caré – charretée

Cariner (s’) – remuer sans cesse

Carn’ – charme (arbre) ; charogne

Carnio – faire cuire ch’carnio et ché bétrapes pour ché pourchaux

Caron.n’ – carognette – méchante femme

Carpin – désordre, raffut

Carpion – trottoir

Carpinter – remuer

Carrier – transporter (to carry en anglais)

Carrue – charrue

Carson – carsonnière – cresson, cressonnière

Car’ton – ouvrier de ferme qui s’occupe des chevaux

Cassin’ - taudis

Cassis – chassis : “un cassis d’farnette”

Cassiu – chassieux

Castonat’ – cassonade

Castrol’ - casserole

Castroler – cuisiner, préparer son repas

Casuel – fragile

Cataplas’ – pansement, cataplasme

Caterneu – maladif, incertain : “ch’temps yé caterneu”

Catio – château : “faire catio bell mout’” qui signifie “mettre en avant ses atouts”

Catoir’ – ruche

Catou.yer – chatouiller

Catrer – catreu – châtrer, personne qui châtre

Cat’rinet’ – mûres sauvages

Catimuron – mûres sauvages

Caud – chaud

Caudio – café mélangé avec un jaune d’oeuf

Cauffer (s’) – se chauffer

Cava.yé – cavalier

Caveu – cheveux

Cavée – chemin creux

Cavin – petit ravin

Cavron – petite prune sauvage (d’où le village de Cavron St Martin)

Ca.yel’ – chaise

Ca.yo – caillou

Cha – cela, ça : « cha va ? »

Chabo – sabot

Chachi – chala – ceci, cela

Chaf’ – eun’ gran.ne chaf’ : une grande gueule

Chaflé -

Chamer – déguerpir

Chanbuker – faire du bruit en frappant

Changler - fouetter, « archuvoir eun’ changlée » : recevoir une correction

Chanki.yer – remuer sans cesse dans son lit

Chapin – sapin

Charcler – sarcler

Chéron.ne – baratte

Cherfu – cerfeuil

Chérich’ – cerise

Cherk’ - cercle, « boire des cherk’ et des tonniaux ! » : boire beaucoup

Cherkeul’ – cercueil

Chifarné – rhume

Chijo – ciseaux

Chimet‘ -

Chinchelle – insecte (cousin), « ête mingé à chinchelles » (A. Accart).

Chinchoner – agiter de droite et de gauche

Chindron – chaux de mauvaise qualité (F. Denœu)

Chiner – amadouer

Chirlout’ – mauvais café

Chite – cidre

Chitroule – citrouille

Chivo – oignon

Ch’nal’ – grenier à fourrages au-dessus des étables

Chochon – faire chochon : copiner

Chok’ – souche, « eune chok’ eud’ puméterres ».

Chok’lé -

Cholé – battu, secoué

Chopant – tout chopant : tout près

Chorchelle – chorchié : sorcière, sorcier

Choumet’ -

Chouvron.ne – avancée du toit

Chucher – sucer, « boire sin café al’chuchette » : en trempant le sucre

Chué – ch’chué : mare

Chukat’ – bonbon, sucrerie

Chukri.yon – orge tardive

Churchiner - songer

Chuvarter – avorter, « l’hiver alle est chuvartée » dit-on quand il fait de l’orage en hiver.

Cinse – cinsier – ferme, fermier

Claf’ – trèfle des champs

Clavette – sorte de trèfle nain

Clapiter – aboyer : “Que clapitar eud’tchien !”

Cleugnon – clin d’oeil

Clinque – clenche ; eune “grande clinque” : femme grande et maigre

Clipon – petit morceau de pain

Clique à z’oches – maigre

Clique-talon -

Clo – clou

Clogner - cligner, “j’n'a pont clogné l’eul dé l’nuit”

Cloque, cloquette – cloche, clochette

Clouque – fainéante

Clouquer – couver ; poser : “in va l’clouquer là avant d’partir”

Codin - dinde ; “grand codin” : imbécile

Codio – café et jaune d’œuf

Coltar – goudron

Confourer - échauffer

Consine - tisonnier

Conte – “tout cha ch’est des contes” : bêtises, paroles mensongères

Coper – couper ; “in est copé in deux” : quand le froid est vif

Corée - viscères ; “avoir eune sacrée corée” : beaucoupr de courage, avoir de la rate !

Cornalle – corbeau

Cotelle – sous-vêtement féminin

Cotron – jupe, jupon ; “i’est toudis dins mes cotrons”

Couanne – couenne, peau

Couchilles – résidus de l’extraction du saindoux (cretons)

Coucoule – tatillon

Coulon - pigeon

Coulotte – petit égout pour l’écoulement des eaux de pluie

Couplé – sommet, cime d’un arbre

Couque – petit gâteau plat et ovale

Courpointe – grosse couverture de lit

Courtillache – jardin

Court-tour -

Couvoir – poule qui couve

Co.yette – à l’co.yette : au chaud

Cra-bo’yo – tripes

Crapé, crapeu – couvert de crasse

Crapette – crêpe

Craque – mensonge

Créchet - petite lampe

Crèque -prune sauvage

Creujer – croiser

Creusse – ravin, chemin creux et profond

Crimbillie – crémaillère, “pindache crimbillie”

Crin – cran, fente ; “chelle porte alle est un crin ouverte”

Crincher – frotter avec vigueur

Crinconne – colline, montée

Criniu – frêle, rabougri ; méchant : “ch’est un jon’ne criniu”

Crinque – dette ; pièce (champ) qui monte

Crintelé – dentelé

Crocreul - cartilage

Crupé – sommet d’une colline, petite élévation de terrain

Cruta – première planche sciée sur un arbre et gardant son écorce

Cuiche – cuisse

Cujir – choisir ; “i faut qu’o cujichonch’ !”

Cul d’ape – souche d’arbre : “un cul d’ape pur juer au jav’lot”

Culo – dernier né d’une famille

Cumaillos – tétards ; larves de moustiques

Cumulé – pirouette

Da – pour appuyer une affirmation : “ch’est qu’il férot da !”

Dache - clou de cordonnier ; “des daches à z’ailes”

Dal -verrat

Danse - rossée

Danser - vaciller : “chel’ lumière alle danse !”

Daque - pluvoir à daque : pleuvoir à verse

Darder – piquer : “cha dard’ din min douo”

Débalé – découragé

Débifé, défoutu – fatigué après une fête

Déblailler – débarrasser, mettre de l’ordre ; chasser

Déblouquer – détacher

Débousé – abattu moralement

Décafoter -

Décamuché – découvert (dans son lit par exemple)

Decanier – enfant vif et turbulent

Décaniller - s’décaniller : sortir de sa niche !

Décapicher – s’décapicher : se démener ; être impatient

Décatouiller – chatouiller

Décharter – gratter la terre ; remuer nerveusement

Déchinte – descendre ; une descente

Déco - déchaussé : “aller à pieds décos”

Décrampir – s’décrampir : se dégourdir les jambes

Déduire – éclaircir un semis

Dégav’lé, dégavarlé – décolleté, le cou nu

Dégaine - tenue

Dégélée – rossée

Dégreujer – dégreujer sin fu : enlever les mâchefers du charbon

Dégrigner – mépriser

Délacure – grosse averse

Délorner - regarder en dessous ou de côté

Déloufer -vomir

Délo’yer – délier

Démaquer - cracher des aliments

Démarier – séparer des pousses dans un semis

Démarler - mélanger : “in va démarler cheul pâte pour ches crapettes”

Déméler - peigner : “déméler ses caveux” ;  “s’détouiller” (chez Paul Coutigny)

Démépriser – mépriser

Démil – démon (chez Paul Coutigny)

Déminch’lé - démantibulé

Déminger – démanger

Démisses – vieux habits

Démortir – se dit de la terre qui dégèle

Démucher, s’démucher – sortir de sa cachette

Dénorter – détourner du droit chemin

Déoquer - abattre, décrocher

Dépaver - être en colère : “i dépav’”

Dépioch’ter – dépecer

Déplaquer – la terre qui colle aux chaussures : “cha déplaque”

Dépleumer – éplucher

Déplo’yer – déplier

Déquerquer - décharger

Déquirer – déchirer

Déracer – ne pas ressembler à ses pare nts

Déroster - déssoûler

Dessaquer, s’dessaquer – retirer ; se lever

Dé’uter – faire sortir

Diale – sorte de houe à deux dents

Dia – cri pour faire aller les cheveux à gauche

Diape – diable ; “cha va à l’diape”

Diche – dix

Dimbler – dire du mal de quelqu’un

Diminche – dimanche

Dinguer – “invoyer dinguer” : envoyer promener

Dintillier – taquiner, narguer

Dis’vorsé - divorcé

Dizio, dijo – tas de dix gerbes

Doques, dogues – boutons de soldat (bardane)

Dorer – étendre du jaune d’œuf battu sur une pâtisserie

Dorn’ – ajoncs, friches

Douche – doux ; liqueur

Doul’ – saquer s’doul’ : travailler dur

Doupes – argent, sous

Douque douque - battre fortement en parlant du cœur

Dragon - cerf-volant

Drèche – arrmoire

Dringuelle – pourboire

Drisse – diarrhée

Dro - droit

Drol’ - bizarrement : “i pale drol’”

Druper – être maladif

Du – où : “du qu’té t’in vas ?”, où vas-tu ?

Durer – “jé n’dure pu !” : souffrir énormément

Dur’tien – viande dure

D’zeur – au-dessus

D’zou – en dessous